LE PRE-ACCORD D'ALGER SUITE

                           L’on est tenté à partir de l’instant de ce matin 14 Mai 2014 de se poser la question : le pré-accord d’Alger a été,enfin,signé par la Coordination des Mouvements de l’Azawad,après moult tergiversations et atermoiements. Et après?
                           En effet,cela était apparent que ceux qui étaient animés de la propension à l’irrédentisme ne voulaient du tout le parapher,se nourrissant de l’idée égoïste qu’ils n’y trouveront pas leur compte,au mépris de l’ensemble des Maliens auxquels ils causent énormément de torts, de souffrances. Ainsi, leur comportement frisait le sadisme. Leur opiniâtreté à vouloir vaille que vaille remettre en cause des avancées vers la normalité était à la limite,aussi,insultante,à l’égard de tous. Voulaient-ils prendre tout le monde pour dupe exceptés eux ? Ne pouvaient-ils pas se rendre à l’évidence que l’autonomie ou l’indépendance-du pareil au même dans l’entendement social- d’une partie du Mali qu’ils réclament injustement ne pouvaient leur être octroyée,à cause des conséquences incalculables que cela pouvait entraîner ? Nous nous réjouissons donc que même contre mauvaise fortune bon coeur ils aient accepté de se plier à la volonté générale. Il y a lieu d’affirmer également que c’est la seule alternative qui peut rester,tellement la médiation et soutiens en ont eu pour leur pleine dose.
                           En ce moment,nous en revenons à notre question quant à savoir la suite et l’effet probant de la signature d’un pré-accord,lorsque l’on sait que le pré-accord n’est pas en soi un accord. Il est important d’affirmer ,sans risque de se tromper,que,dans ce cas,les deux se confondent. C’est dire qu’une fois ce pré-accord signé le 15 Mai 2015 à Bamako,dans sa totalité,puisqu’il ne connaîtra pas de modification,l’accord qui en résultera va engager les parties à reconnaître son contenu,au mieux,à le convenir au niveau de sa mise en oeuvre. En effet,à le lire,ces deux mots reviennent constamment:reconnaître et convenir. Il constitue donc,ainsi, un chapelet de mesures à mettre en oeuvre,avec l’appui souhaité de la Communauté Internationale. Comparaison n’est pas raison,l’on peut aisément l’assimiler à un projet de loi d’un Gouvernement soumis à l’Assemblée Nationale pour vote. Imaginer que cette loi est votée et une fois publiée rentrera dans sa phase de mise en oeuvre.
                           Cet accord en perspective, n’a de difficile que sa mise en oeuvre,car à la suite des convenances sur les modalités du cantonnement,du désarmement,de l’intégration et de la réintégration des groupes armés,il faut reconnaître la forme unitaire de l’Etat,convenir du redéploiement des forces armées et de sécurité du Mali sur l’ensemble du territoire,du partage des ressources et bien d’autres points d’achoppement. Ceci ne nous fera pas oublier tous les crimes odieux commis sur des victimes innocentes qui attendent d’être dédommagées.  Une charte de paix consensuelle pourra venir consolider le tout,avec l’implication de toute la société malienne.
                           Mais tout cela ne se résumera à peu que quand cet accord gagnera l’adhésion de tous,notamment de la Communauté Internationale qui en est garante et peut,si elle veut,mettre aux ordres tout ce beau monde,en combattant sans hésiter ceux qui le violeront,même à l’égard de la partie qui refuserait de le signer,alors qu’elle est partie prenante au pré-accord,ou prendre des dispositions de sorte qu’elle ne constitue un frein à son avancée vers la paix,car en droit,le tiers est tenu au respect des conventions signées et publiées entre parties,dont elles font lois,tant qu’elles ne sont pas annulées. L’on dira simplement que celui (le tiers) qui  pense qu’elles lui causent préjudice a la possibilité de les dénoncer devant qui de droit,hypothèse ici qui sera fallacieuse et  pourra difficilement prospérer,d’autant qu’elle ne se fondera que sur un objet interdit par les lois et conventions internationales.
   

MENAKA! LE CRI DU DESESPOIR.

                      Nous n’oublierons jamais que depuis que l’intervention française saluée par tous au mali a fait de Kidal un fief exclusif des Touarègues,notamment du MNLA et alliés, la libération du Mali n’a pas été effective,or elle devait servir à restaurer entièrement l’autorité de Bamako sur l’ensemble de son territoire,quitte à prendre toutes dispositions utiles pour empêcher des violences injustifiées,comme cela s’était déjà  passé  à Gao, à Tombouctou et ailleurs.
                       En effet,revigorés,par suite de sa défection de ses anciennes positions face aux Djihadistes, grâce à l’arrivée de Serval ,le MNLA ne cessa plus ses provocations contre les autorités maliennes. Ainsi,il occupa sous l’oeil bienveillant de ses protecteurs tous les bâtiments administratifs et les checks-points de la ville de Kidal et imposa à la population des lois qui ne sont votées par aucune assemblée. Voyant le succès que procure une telle position au plan avantage pécuniaire,ses éléments se permirent d’aller attaquer des forains jusque dans la région de Tombouctou impunément. Ce forfait ne fut pas grand bruit et fut tu par ceux qui sont sensés venir aider le Mali. Mais le MNLA à Kidal sans l’Amenokal,c’est presque une vue de l’esprit. Soit il compose avec cette réalité du pouvoir de Intalla,où il plie encore bagages ou accepte de l’affronter. Car il faut accepter que HCUA est à la fois Iyad et Intalla. Ceux-ci sont maîtres de Kidal et quiconque les brave court inévitablement à sa perte. La formule fut trouvée de faire admettre par la France leur présence comme fréquentable,les combattants de Iyad,des terroristes,en faisant semblant d’oublier que c’étaient les mêmes qui avaient tenté sous la houlette de Iyad de s’accaparer par la force des armes tout le Mali et d’en imposer la charia. Même l’arrivée,plus tard,des forces de défense et de sécurité à Kidal ne changea pas la faveur d’impunité dont bénéficient,comme l’on les appelle maintenant, ces groupes armés rebelles,comme si un groupe armé rebelle dans un Etat reconnu est légal,mérite protection et récompense. Alors,intervint l’accord de Ouaga,où ces groupes armés,recommandés à Blaise par la France,avaient élu leur siège pour continuer à narguer le peuple malien. Il y a été affirmé un moment que leurs armes transitaient par là. Cet accord de Ouaga contenait des dispositions relatives au cessez-le-feu,au cantonnement,au désarmement et à la réinsertion de ces groupes armés.  Mais jamais il n’eut de début d’exécution à plus forte raison. Le seul point qu’il a permis d’atteindre,c’est d’avoir favorisé les élections présidentielles et législatives qui ont porté l’actuel Président au pouvoir,mais il n’a pu faire taire les armes. Les soldats tchadiens qui ne voulaient pas se soumettre à leur diktat à Kidal furent priés de se délocaliser,pour laisser libre cours à toutes sortes de vandalismes. A l’époque,les forces du mali étaient cantonnées et le Gouverneur,choisi pour ses expériences du Nord et des liens qu’il y avait tissés,payait de sa poche ses communiqués au nom de son service,tout en logeant dans des taudis. La récupération de ce siège du Gouvernorat fut un évènement à cause des humeurs qu’elle a provoquées. Nous en étions là lorsque le premier Ministre décida publiquement,car il l’a annoncé plusieurs fois,de se rendre à Kidal,afin de s’assurer des conditions de travail des agents sur place,comme il l’avait fait ailleurs,dans tout le Mali,et de prouver,en effet,que Kidal aussi faisait partie du Mali. Sa visite pouvait rester anodine si ces groupes armés ne l’avaient pas transformée en carnage devant Serval et MINUSMA impassibles. qui se donnèrent l’outrecuidance de servir aux Maliens et au monde un plat incomestible,faisant croire que sa mission ne consistait pas à s’interposer entre des belligérants même si une de leur composante était civile et désarmée:des Préfets et Sous-Préfets furent froidement égorgés,avec des chants à l’appui, comme « Allahou Akbar »,leitmotiv des Djihadistes. Cet affront de l’Etat et d’un peuple de tout le temps courageux fendait toutes les lèvres. Certaines écumaient. C’est vrai, le Premier Ministre, de retour à Gao,affirma que le mali était en guerre. C’était en réalité la logique des actes des groupes armés ce jour. Le Mali,pays souverain,même si l’on a tendance aujourd’hui à vouloir le nier,engagea une partie de ces troupes,qui récupérèrent le Gouvernorat et plusieurs autres points stratégiques, mais furent mises en déroute par une coalition forte qui ne dit pas encore son nom. Beaucoup soutiennent qu’ils ont vu des signes des djihadistes parmi les combattants,et mêmes des peaux blanches différentes de celles des touarègues. D’autres disent avoir vu des hélicoptères débarquer des secours aux groupes armés. Libres de leurs actions,sous l’oeil railleur de Serval et de la Minusma,ils s’empressèrent d’aller occuper des villes,comme Ménaka. Le terrain leur étant balisé,car l’armée a replié,ils continuent à s’adonner joyeusement aux crimes de vols,de viols,de pillages. Dans cette oeuvre d’horreur à l’encontre de ceux qui n’ont pas eu la chance ou le vouloir de se réfugier ailleurs,ils n’admettent aucune contradiction. Ainsi,des paisibles citoyens ont été tués parce qu’ils sont pressentis d’être informateurs des autorités,ou simplement opposés à leur dessein maléfique,sans que cela n’émeuve,outre mesure,la Communauté Internationale,si tant elle existe,cette Communauté Internationale  se représentant aujourd’hui autrement que la façon dont le bon sens aimerait  qu’elle soit. Ces différentes interventions partout,tel ce à quoi elle nous a déjà habitué,,quelles qu’elles soient,si ce n’est pour compliquer,ne résolvent pas comme il faut les problèmes auxquels le monde est confronté,notamment son Conseil de Sécurité dont la création avait suscité beaucoup d’espoirs chez les Nations faibles,d’autant vrai qu’à l’origine elle était née d’une idée de force d’interposition pour l’éteinte des foyers de tension en prévision des conflits profondément meurtriers à l’instar des deux guerres mondiales.
                       C’est cette Communauté Internationale qui,sous une médiation dite algérienne,a pu pondre enfin,en suivant les caprices de son bébé,un accord d’Alger,qui demeure contesté de toutes les parties,mais signé d’une partie,dont la partie gouvernementale malienne. Cet accord aussi,qui était tant attendu,est venu se heurter à la volonté contraire des groupes armés qui remettent sur table,de façon rétrospective, des revendications,qui étaient déjà réglées depuis l’accord de Ouaga. La réalité,dont on fait le jeu de l’autruche,demeure que le MNLA et alliés djihadistes-il ne faut pas avoir peur du mot-ne cherchent qu’à garder le statu quo actuel qui leur donne les voies du terrorisme et du crime organisé. La perte de ces privilèges seraient selon eux suicidaires,d’autant plus vrai,par ailleurs,qu’hypocritement les Organisations des Droits de l’Homme,qui se contentent de discours ciblés, demandent,par ailleurs,que les auteurs des crimes contre l’humanité,des crimes de guerre commis par eux soient punis. Ils sont à l’évidence également que l’écrasante majorité de la population au nom de laquelle ils prétendent lutter a de l’aversion pour eux. C’est pourquoi,l’on se croirait chez morphée quand ils annoncent solennellement qu’avant de signer l’accord d’Alger,ils vont d’abord consulter leur base,une base qui se résume à une dizaine de familles à Kidal. Ils veulent l’AZAWAD dont ils tracent les limites à Gao ,à Tombouctou et à une partie de Mopti,mais ne consultent que quelques personnes à Kidal. De qui se moque-t-on ? Ils auraient pu simplement demander un référendum,s’ils ne voulaient pas signer,au lieu de faire languir tout le monde. En tout cas, la population du Nord qui ne veut pas qu’ils luttent pour elle-cette preuve saute à l’oeil-a organisé ses vrais fils pour faire face aux agressions dont elle fait l’objet quotidiennement. C’est ce qui a donné lieu à la création des forces pro-gouvernementales,qualifiées à tort ou à raison de milices. L’une des têtes de proue du Gatia par exemple se trouve être celui qui a perdu l’homme le plus cher lors des affrontements de Kidal:le Général d’Armée Gamou resté fidèle au Mali. Celui-ci a perdu beaucoup de ses parents à cause de la cruauté des groupes armés,comme le Député et Aménokal des Ilemedens de Ménaka,Bajan Ag Hayatou,descendant direct de Firhous qui y a perdu son frère de lait,Aroudeïni Ag Hayatou,dans un passé récent,Maire d’Andréboukane.
                       Ainsi,pour la signature de l’accord d’Alger bien que boiteux,les éléments de la plateforme acquis au Gouvernement de Bamako,se mirent en mission d’expliquer à leurs parents la nécessité de le signer. C’est alors qu’ils furent agressés par les éléments de l’autre camp,ceux du MNLA qui s’en prennent ipso facto à tous ceux qui aident à la paix au Mali. Le Gatia connu ailleurs comme n’agissant jamais de main morte les repoussa,les traqua jusqu’à l’intérieur de Ménaka,d’où ils fuirent,laissant libre la ville. Comme l’on s’y attendait,la population de cette ville où il faisait bon vivre,parce qu’ouverte à Niamey,à Lagos,à Lomé,au Dahomey, à Ouaga et à Alger,n’hésita pas une seconde d’exprimer son immense joie d’avoir été enfin libérée de cette prison à ciel ouvert et souhaita,en l’occurrence, que les forces du mal n’y revinssent  plus. Cette expression de la volonté de vivre libre s’est traduite de suite par des manifestations populaires,auxquelles adhèrent tous les Maliens,à Bamako.
                     C’est alors que la Communauté Internationale crie à la violation du cessez-le-feu et demande le retrait immédiat du Gatia de Ménaka comme l’exigent ses anciens occupants honnis,vomis,contre la volonté, en plus, de la population qu’elle ne défend que des bouts de lèvres,dont elle n’en a cure,lorsqu’on a les références de ce qui s’est passé et se passe ailleurs. Est-ce qu’au nom d’un cessez-le-feu,les éléments du MNLA et alliés avaient-ils le droit de s’attaquer impunément aux éléments du Gatia,sans que ceux-ci se donnent la possibilité de se défendre? Le principe de la légitime défense doit jouer ici mieux qu’ailleurs. Au lieu de le faire comprendre clairement,on se perd dans des déclarations qui n’épousent l’entendement d’aucun Malien. Le bon sens voulait que la MINUSMA dise à ces protégés que la population de Ménaka pour laquelle ils prétendent se battre ne veut plus de leur retour chez elle. C’est simple. Elle devait donc leur demander désormais de rester tranquille et de ne pas se livrer à des provocations,au mépris récurrent des accords de cessez-le-feu.. Tel devait être également l’attitude du Gouvernement,s’il n’a pas peur de la vérité. Soit. Est-ce qu’un tel désagrément devait conduire au carnage qui a suivi et ailleurs que le lieu où le problème est arrivé?
                     Ce comportement du MNLA,précisément de la CMA,  prouve à suffisance,à tout homme épris de paix et de justice,qu’il est seul contre tout le Nord. Exceptés ses femmes et enfants et frères,qui leur sont acquis faute de mieux,personne ne veut de lui,et sans les armes et ses alliés,il ne vaut pas un sou. La population en général,précisément celle qu’il a fait fuir et qui souffre,leur demande de cesser de lutter pour elle. En cas de nécessité,elle se chargera elle-même de revendiquer ses droits par les voies appropriées.
                      La Communauté Internationale,qui est extraordinairement payée pour cela,doit s’impliquer encore plus pour répondre à l’appel désespéré de toutes ces populations dont la seule aspiration demeure la paix sans laquelle aucune construction n’est viable..