POURQUOI LE FONCTIONNAIRE MALIEN N'EST PAS HEUREUX?

                                    

Le fonctionnaire malien a perdu sa superbe d’antan par rapport à ceux de la sous-région à cause des vicissitudes qu’il a subies à travers le temps. La raison évoquée pour s’en convaincre tire sa source dans la spirale démagogique liée à la fluctuation défavorable de ses conditions de travail et de vie qui se sont dégradées en crescendo, alors que celles-ci étaient beaucoup meilleures pendant la première république de feu Modibo Keïta.

En effet, la deuxième république a donné naissance à plus de malheureux que d’heureux dans la fonction publique malienne. Alors que l’accès y était libre, un concours, censé assurer un tri, en raison des possibilités financières de l’Etat, fut instauré. Dès lors, c’est le fiasco. Seuls avaient le sésame, les fils aux bras longs,  excepté quelques uns qui parvenaient à traverser les mailles des filets grâce à leur valeur intrinsèque. Ces fils aux bras longs se remplaçaient aux postes juteux. Ils pouvaient en ce moment se livrer à toutes sortes de déprédations, assurés qu’ils étaient de l’impunité. Ainsi, ceux qui n’avaient que leur salaire comme revenu, à quel que niveau qu’ils se trouvaient, n’arrivaient pas à joindre les deux bouts, ajouté en cela qu’ils pouvaient faire trois mois pour se voir payés un mois. Le Chef de l’Etat de l’époque avait même proclamé solennellement que ceux qui ne pouvaient pas concevoir cette situation étaient libres de rendre le tablier, c’est-à-dire, de démissionner. A la longue, la pratique des malversations s’était royalement instaurée, car le fonctionnaire ne disposait plus d’aucune autre alternative pour vivre. Parmi eux qui parvenaient à être acceptés comme complices des fils aux bras longs, trouvaient leur compte et étaient considérés comme les bénis qui construisaient les meilleures maisons au détriment des plus honnêtes ou de ceux qui n’avaient cette chance de détourner. La situation s’était tellement empirée pour la généralité que des fonctionnaires, et des meilleurs, ont consenti un programme dit de départ volontaire à la retraite avec un accompagnement de misère : les cadres A, B, C, partaient respectivement avec quatre millions cinq cent mille CFA, deux millions cinq cent mille FCFA, et un million cinq cent mille FCFA. Vous imaginer le drame d’un fonctionnaire qui a servi son pays pendant plusieurs années et qui part sur la pointe des pieds de la fonction publique avec des montants aussi dérisoires, qui ne lui permettaient même pas de se construire une bonne maison, à plus forte raison de se reconvertir dans d’autres domaines privés ? Au même moment, les dirigeants et leurs proches et affidés, thuriféraires, pouvaient, pour une simple migraine, aller se faire soigner dans les meilleurs hôpitaux, aux frais de la princesse, à l’extérieur. Toutes les sociétés d’Etat, qu’ils avaient mises à genou, étaient à leur merci exclusif, même l’Air-Mali dont ils ne prenaient les billets pour voyager. Ils poussaient l’outrecuidance jusqu’à accuser ces fonctionnaires d’être à la base de l’état de déliquescence financière du pays, au lieu de chercher à établir une justice à l’égard de tous. Les couches socio-économiques subissaient la discrimination dans la répartition des ressources.  L’état de dégradation des mœurs avait atteint son paroxysme. En conséquence, le mécontentement s’était exacerbé au point que les maliens, à l’unisson, principalement les intellectuels, s’étaient  levés comme un seul homme pour exiger le départ de Moussa Traoré du pouvoir. Le mouvement qu’on appelle à présent mouvement démocratique qui gagna l’aval des forces vives de la nation, y compris l’armée, le déposa le 26 mars 1991.

Cependant, au crédit de Moussa Traoré, on retiendra l’affirmation de l’autorité de l’Etat. Avec lui, l’Etat n’était pas aussi trimballé que maintenant. On notera également qu’il a essayé de redresser la barre de la mauvaise gouvernance dans laquelle excellaient ses compagnons de lutte pour le renversement du pouvoir de feu Modibo Keïta, aux dernières heures qu’il a pu avoir les coudées franches, après leur mise à l’écart, même s’il avait pêché un moment en ne soutenant pas Zoumana Sacko contre certains d’entre eux, qui avait pu, Ministre des Finances, en six mois, régulariser les salaires et, mieux, à les revaloriser de trois mille FCFA. Aussi, l’environnement socio-économique et politique, national et international, ne lui a pas été favorable, surtout après la Baule, avec la France, qui s’était mise à lui mettre les plombs dans les ailes, dès lors. Il n’avait pas eu non plus de veine en termes d’échanges monétaires qui s’étaient soldés par deux dévaluations : on se rappellera qu’en quittant le FCFA pour le FM, la parité était qu’un FCFA équivalait à dix FM, ce qui avait eu pour conséquence de diminuer les salaires de moitié par rapport aux autres pays voisins qui continuaient à utiliser le FCFA, et avec lesquels le Mali entretenait des relations commerciales et autres privilégiées, d’autant plus vrai que dépourvu de débouchés sur la  mer, par le fait du colonisateur, il ne pouvait se passer des ports de ceux-ci.  Les salaires étaient diminués de moitié parce que les fonctionnaires qui avaient, par exemple, cinquante mille FCFA, s’étaient vus payés aux mêmes montants en FM. Tout autant, le même scénario dramatique s’était pratiquement reproduit quand il (le Mali) a quitté le FM pour le FCFA. Encore, par le jeu de la parité, les fonctionnaires ont vu leurs salaires diminuer de moitié, en vertu du principe qu’un FCFA correspondait à dix FM. Donc, ceux qui avaient cinquante mille FM, par exemple, s’étaient retrouvés avec vingt cinq mille FCFA. Jusqu’à nos jours, ce déséquilibre financier n’a pas pu être soldé.

Par ailleurs, Moussa a été l’un des plus malheureux parmi les présidents maliens par le fait des  sécheresses, rendant les denrées de premières nécessités très chères pour la bourse des Maliens dont les revenus étaient crève-la-faim.                                                                                                                                                                      De ce fait, n’en pouvant plus,  les fonctionnaires se sont nourris de la pensée persistante de renversement de pouvoir comme seule alternative au marasme généralisé. Commencèrent à se constituer des réseaux la plupart clandestins, car les libertés publiques étaient plus ou moins confisquées, par le fait de parti unique.

Le président Moussa Traoré fut ainsi destitué le 26 mars 1991 par une frange importante de l’armée qui avait trouvé plus juste d’accompagner le mouvement démocratique que de suivre l’homme qui n’offrait plus d’espoir de redressement de la situation cahoteuse que l’ensemble des Maliens vivaient, et , en outre, il y avait aussi le fait que cette armée même n’était pas des mieux loties dans son régime.

Arriva ensuite l’ère dite de démocratie qui entra en scène par une transition éphémère de quatorze mois, dirigée par ATT, avec une équipe composée de toutes les sensibilités maliennes, dont-on se pose encore la question si cela n’avait pas été une erreur- l’AEEM. Flanqué de Zoumana Sacko comme Premier Ministre, cette transition fut menée à bon port, avec une nette amélioration dans la conduite politique, par conséquent, des conditions des fonctionnaires en particulier, et les travailleurs d’une manière générale. En faveur des élections présidentielles organisées par elle, Alpha Oumar Konaré prit les commandes du pays à la suite d’une passation des pouvoirs entre lui et la transition qui était restée digne, le 12 juin 1992. Rarement dans la sous-région une transition a mieux réussi que celle-ci. Tous les espoirs étaient permis, en pensant que désormais « jamais plus ça ».

Personne ne peut nier que dès l’entame de son pouvoir,  Alpha O. Konaré a ouvert des chantiers importants dans le domaine politique, économique, social. Mais, malheureusement, il n’a pas osé prendre à bras-le-corps les maux sur lesquels il a installé son fauteuil, notamment l’épuration systématique de toute la gangrène de cadres mafieux qui pullulaient dans l’administration, l’armée et la justice. Même l’enseignement, la santé, n’étaient pas en reste de la gabegie qui était devenue un mode de gouvernance. L’on ne peut pas combattre valablement des habitudes malsaines sans le bâton, mais avec la carotte.  Alors, les mêmes habitudes ayant une vie dure continuèrent de plus belle. Le laisser-aller s’installa et ouvrit la voie aux comploteurs contre l’Etat parmi les fonctionnaires et les opérateurs économiques publics ou privés. Les fonctionnaires qui étaient là et qui jouissaient déjà de privilèges indus renforcèrent leur position pour s’enrichir au mieux-mieux, en continuant à  flatter l’égo du pouvoir. Les services de contrôle, notamment les inspections, ne purent rien contre ce phénomène. Les Maliens commencèrent à se plaindre, les fonctionnaires en tête qui ne voyaient que parcimonieusement les retombées économiques. Les seules augmentations de salaires qu’il put faire, cumulées, ne dépassaient pas vingt pour cent, ce qui donnait pour certains une augmentation de cinq mille FCFA à vingt mille FCFA. Certains caciques du pouvoir soutenaient même que l’augmentation des salaires ne suffisait pas à anéantir le mal de la corruption et de la délinquance financière, tant que les mentalités ne changeaient pas, alors qu’eux-mêmes demeuraient les plus corrompus et détournaient à la pelle les ressources de l’Etat, en faisant semblant d’ignorer qu’un fonctionnaire dont le salaire ne suffit pas pour vivre est capable des pires des gymnastiques, dans un marché dans lequel l’Etat ne contrôle absolument rien. Or aussi, en prenant exemple sur leur mode de vie, ils devaient plutôt se rendre compte que les mentalités, au lieu de s’améliorer, s’étaient dégradées, créant toutes sortes de bandits à col blanc.  En somme, les fonctionnaires, précisément ceux qui n’avaient pas accès aux privilèges, étaient laissés sur la rade de l’injustice et se plaignaient de leurs conditions intolérables de vie. L’on ne dira pas autrement que la fin de ce régime, dont le deuxième mandat n’avait été obtenu que grâce à la complicité de Mamadou Batourou Sylla, qui avait été seul candidat face au Président sortant, n’avait pas été agréable comme on était en droit d’attendre. Enseignant émérite, cependant, Alpha était parti du pouvoir presqu’en guerre contre les enseignants et étudiants et élèves et sa formation politique l’ADEMA, qui l’aurait lâché s’il avait la possibilité de briguer un troisième mandat.  Malgré, il put organiser des élections et transmettre le pouvoir de façon démocratique au « soldat de la démocratie », Amadou Toumani Touré alias ATT.

Soldat de la démocratie, oui, parce qu’avec ses compagnons, il avait évité aux Maliens des bains de sang lors du coup d’Etat contre Moussa Traoré, et ayant assuré la transition, il a transmis démocratiquement le pouvoir au président élu. Ce qui était rare en Afrique.

ATT fut investi le 12 juin 2002. Eu égard à ses qualités de général d’armée et de son passé ancien et récent, les Maliens étaient confiants en ses capacités du redressement du gouvernail Mali qui tanguait dangereusement. Aussitôt installé, il s’évertua à achever les chantiers porteurs ouverts par son prédécesseur et avant celui-ci, et en ouvrit d’autres. Tout le long de son régime, il n’a pas eu de répit à chercher à améliorer le quotidien des Maliens. Sans entrer dans le développement fastidieux de toutes les réalisations qu’il a pu effectuer, notamment la construction des routes, des écoles, des hôpitaux, des marchés, des ponts et barrages, des périmètres irrigués accompagnés de l’organisation du monde rural, il a laissé sa touche dans tous les domaines et partout dans le pays. Avec lui, la liberté d’entreprise était assurée, les opérateurs économiques furent mis plus à l’aise. C’est avec lui que le Mali pensa ou trouva les moyens de construire des logements sociaux qui auraient mieux réussi si des bandits ne s’étaient pas intercalés. Avec lui, les salaires ont été sensiblement revalorisés, et mêmes les bourses des élèves et étudiants. Avec lui, pour la première fois, des statuts particuliers virent le jour, mettant des services régaliens à l’abri du besoin, plus ou moins, les institutions de la république purent s’inscrire mieux dans leur rôle, avec des traitements conséquents et des cadres de travail agréables.  Les pensions de retraite qui n’étaient rien d’autre que des aumônes, furent revues à la hausse et payables régulièrement à présent par mois au lieu du trimestre.

Att était ouvert et accessible à tous. Des fonctionnaires l’appelaient tous les jours sur sa ligne pour discuter de certains problèmes avec lui. Chaque samedi, quand il en avait le temps, il recevait du monde à la base. Bref, il a réalisé ce qu’il pouvait pour son pays.

Mais, évidemment, c’est la loi de la nature, tout ne peut pas être parfait chez l’homme, la perfection demeurant un attribut de Dieu.

C’est en mettant une gomme sur la positivité de ses actions dont certaines ont comporté des erreurs d’appréciation,  que ses détracteurs se mirent à le vilipender et à démolir ses acquis. D’abord, dans l’armée où des complices de certains politiciens, oubliant même qu’il est sorti de leur corps, s’évertuèrent à démoraliser des soldats, mettant table-rase sur toutes les réalisations qu’il a opérées à leur endroit. Avant lui, certains avaient moins de cinq mille FCFA par mois et logeaient dans des taudis. Alors qu’il venait de commander des équipements qui tardaient à venir par la mauvaise volonté de nos ennemis, ils lui reprochaient du manque de conditions à faire face à l’ennemi, on occultant la flamme de la paix de Tombouctou. En réalité, dans leur raisonnement, ils comprenaient qu’ils donnaient plus de faveurs à son corps d’origine qu’étaient les commandos para, grâce auxquels le nord n’aurait pas été pris en si laps de temps par les djihadistes s’il n’y avait eu le coup d’Etat le plus débile du monde, à deux mois de la fin de ses deux mandats. Ensuite, il lui était reproché d’avoir laissé installer dans l’Adrar des Ifhoras des gens qui avaient des velléités terroristes, et enfin d’avoir permis aux revenants de l’armée de Kadhafi de rentrer au Mali avec armes et bagages, favorisant ainsi leur retournement contre le Mali.

C’est vrai, ATT a un défaut, il croyait trop à l’homme et au dialogue en tout, or avec le temps, l’homme malien est devenu très captieux. Cette vision de la vie a beaucoup joué contre lui, même de la part de ceux qui ont mangé à la sauce à satiété avec lui, à travers sa politique de consensus. Sans compter que des contestateurs nés devant l’éternel avaient apparu et ne se satisfaisaient de rien mêmes des œuvres positives. Ceux-ci pensaient que c’était la meilleure voie pour accéder au pouvoir. Ici, on affirmera que le nord a perdu ATT, qui se vit renverser le 22 mars 2012 par des Bérets verts.Nul ne me démentira que ce renversement violent du pouvoir a enfoncé davantage le Mali.

C’est ainsi, après moult péripéties, qu’Ibrahima Boubacar Keïta, IBK, accéda au pouvoir. Crédité de rigueur par le passé, les Maliens tout au long du temps découvrirent qu’en fait IBK n’était plus lui-même et était devenu un homme de paille. Allez-y savoir. Mais ce qui était et demeure évident, avec son pouvoir les scandales ne se comptent plus, chose qui a contribué à freiner toute bienveillance de traitement à l’égard des fonctionnaires. Tandis qu’il continue à considérer les irrédentistes de Kidal comme des supers hommes, ceux-ci, sans se lasser, se narguent du Mali et ont libre cours à leur propension à sa partition, sous les yeux  parfois moqueurs de Barkhane et de la Minusma. Et ceci est désolant de savoir que le conflit du nord s’est volontairement transporté au centre où les populations ont pratiquement cessé de vivre.

Au lieu de prendre ce problème à bras-le-corps, il se fut acheter un avion pour son confort personnel à coup de plusieurs milliards, pour lequel l’on ne connaît pas encore le prix exact, et entouré de magouilles qui ne finissent pas de se dissiper. Aucune volonté n’est affichée pour obtenir la lumière sur cette affaire insultante. Après cette affaire, beaucoup d’autres sont survenues qui rongent l’être malien. L’on ne citera pas toutes, mais, quelques unes : par exemple, l’affaire des engrais frelatés, des tracteurs, des avions cloués au sol, celle du Maire de Bamako, de Bakary Togola, toutes ces affaires, aucune n’a été jugée et les auteurs condamnés. Mêmes l’affaire des putschistes est en voie de se terminer en queue de poisson, alors que plus d’une vingtaine de personnes ont été assassinées et enterrées sauvagement par eux. Les maliens, d’une manière générale, attribuent cet état de fait à la confiscation du pouvoir au service d’un clan que ceux qui sont en dehors ont obligation de servir. Et le Président ne facilite pas la compréhension en disant que l’achat de l’avion avait pour souci de limiter les dépenses liées à ses déplacements, alors qu’il voyage tout le temps de façon coûteuse, aux frais des contribuables maliens. Ses voyages ont été plus chers que ce qu’il voulait éviter. Il est admissible de soutenir que pour la grandeur du Mali son Président ne doit pas raser le mur devant les autres Présidents si seulement il rationnalisait ses charges propres. Ce n’est malheureusement pas le cas ici.

Enfin, l’application des différentes lois de programmation, militaire ou sécuritaire, peinent à gagner la confiance des Maliens, qui sentent en dessous des malversations au profit de leurs gestionnaires au détriment de ces forces.

Pour tout dire, les fonctionnaires, qui avaient espérer qu’avec ce pouvoir, beaucoup de plaies seront cicatrisées en leur octroyant des conditions meilleures, ont vite déchanté. L’augmentation de leurs salaires n’a pas dépassé vingt pour cent. Pour qui connaît le niveau de salaire au Mali, ce n’est rien. C’est pourquoi, des bras de fers sociaux ont jalonné le pouvoir du prince du jour. Il faut croire aussi que par son attitude, IBK  a exacerbé la demande sociale,  en face des magistrats et des agents de la santé, et plus tard, en face des enseignants. C’est pourquoi l’on se pose la question,  s’il n’entend que sa voix, ou s’il est mal conseillé, ou s’il n’est pas paresseux en tant que bourgeois, ou s’il n’est pas tout simplement insouciant du trou abyssal dans lequel se trouve le Mali, sinon il est difficile de croire qu’il manque de courage pour remettre chaque citoyen ou toute autre personne agissant dans les intérêts du peuple malien à sa place. Il est devenu tellement laxiste et complaisant que son slogan qui faisait honneur, le Mali d’abord, a été reconsidéré finalement comme ma famille d’abord. Pour bon nombre, toutes les nominations à des postes de responsabilités passent par la caution de la famille présidentielle qui est censée être invitée à toutes les soupes. Contrairement à ce qui doit être une logique, les militants de son parti, le RPM, sont relégués au rang de bétail d’ameublement politique. Par rapport à eux, mêmes ceux qui lui donnaient des coups de grâce avaient plus de considération à ses yeux. Les élections législatives dernières sont venues s’ajoutées aux complications dans les affaires de l’Etat. Les désespérés d’une telle déception, qui se trouvent en dèche, voyant l’horizon de l’année 2023, supposée année des élections présidentielles prochaines, pointer du nez, pensent à faire défection dans ses soutiens.  Certains ne souhaitent même plus qu’il termine son mandat, quitte à violer la constitution, filant un mauvais coton au mali qui ne demande que la stabilité. Ne dit-on pas souvent que chacun son tour chez le coiffeur, pour celui qui sait attendre ? En matière d’Etat, les simples conjectures ne suffisent pas pour se lancer dans l’aventure. Il faut aller avec assurance. Des mots magiques comme « si on le laisse continuer… », « s’il ne quitte pas… » , doivent-ils suffire à déloger quelqu’un qui a été élu démocratiquement pour, en plus, un deuxième mandat , ou les Maliens sont encore à l’âge de la pierre taillée pour qu’un Président s’installe sur leur tête malgré eux. Le président n’est dans aucun bureau de vote. Ce sont des maliens censés honnêtes qui gèrent les votes, pas lui.

Quoi qu’on en dise, la page du Président ne peut être peinte totalement en noir. Des actes positifs existent même s’ils ne sont pas suffisants, et le mali ne sera jamais pris par des djihadistes tant que nous continuons à bénéficier de l’appui de la Communauté internationale. Cette communauté internationale, même si elle semble indolente pour le goût des maliens, elle se tue à clamer fort que le mali restera, envers et contre tout, indivisible. Il  est même impensable qu’elle abandonne le Mali  pour s’acoquiner avec des gens qui sont légalistes le jour et terroristes la nuit.

De ce fait, il y a à croire que les Maliens, dans l’ensemble, doivent se ressaisir et travailler pour le bien du Mali, en cessant de continuer à renflouer leurs poches au préjudice de leur pays pour venir, par la suite, jouer à la victimisation. Et chaque Malien a intérêt à accompagner le Président jusqu’à la fin de son mandat, de façon probe pour qu’il le transmette dans des meilleures conditions . Et le pouvoir doit également savoir que les travailleurs ne sont pas là exclusivement pour servir leurs intérêts à eux seuls. Autrement, toutes les cellules possibles ont été mises en œuvre pour lutter contre la corruption et la délinquance financière, mais elles ont toutes échouées parce que ceux-là  mêmes chargés de les animer n’ont pas d’avenir, eu égard à leurs revenus, sans commettre des malversations, alors qu’on leur oppose des institutions budgétivores du labeur de leurs efforts. De plus en plus, ils n’ont plus espoir, à cause des politiques inadéquates pour l’emploi, de voir leurs enfants prendre leurs familles en charge, lorsqu’ils iront à la retraite. Penser dans ces conditions à produire scientifiquement, est un leurre.

Il faut que la justice soit réellement indépendante et sévisse de façon impartiale, pour que les maigres ressources de l’Etat soient sauvegardées et redistribuées de façon équitable.

 

 

 

 

 

 

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