LA DEGENERESCENCE D'UNE DEMANDE RADICALE

Ce qui n’était pas une mer à boire est en passe de devenir une mer à boire pour les Maliens. Le mouvement du M5-RFP tend désormais vers une extrapolation des limites admissibles ou supportables pour les Maliens, même si personne ou beaucoup ne nient pas la justesse de ses revendications. Comme pour soutenir que dans toute chose la démesure perd le sens de la raison gardée. La  conception et la mise en œuvre de ses actions, aussi bien qu’à bien des endroits transcendent les règles démocratiques et d’un Etat de droit, manquent d’inéquation avec les réalités maliennes.

Dans le contexte de ces actions, la tolérance d’une désobéissance civile, en prétendant défendre la forme républicaine de l’Etat, renvoie à un gouvernail soûl qui va dans la direction opposée au but recherché.

Pour la population, meurtrie des récriminations du mouvement dont les résolutions sont le fondement d’un cheval de bataille d’une lutte, les résolutions et recommandations en vue de paralyser le fonctionnement normal des institutions ont été plutôt conçues contre elle et ses activités de tous les jours. En bloquant les services d’assiette, financiers et tout ce qui y est lié, c’est l’économie entière qui sera bloquée. L’on pourra difficilement faire entendre à un opérateur économique, à un salarié, qu’il ne pourra pas accéder à ses fonds par un blocage d’un mouvement politique, même s’il en est membre. Cela est encore moins tolérable pour un simple citoyen auquel l’on refuse le déplacement à la recherche de la pitance du jour, dans un pays où la majorité souffre du souci de la survie du lendemain.

Déjà, les décisions du mouvement enregistrent des échauffourées, entraînant des pertes en vie humaine, des blessés et des dégâts importants de biens et de matériels, accompagnés de pillages. Dans ce cas, des infiltrations mal maîtrisées trouvent le terreau à l’expression du désordre et de l’anarchie qui peut conduire inexorablement à une guerre civile que l’on ne souhaite pas. A dessein, une arme à feu a été découverte sur un manifestant dont les enquêtes pourront déterminer l’obédience et les intentions réelles. Le mouvement doit revoir sa copie du blocage et l’agression des services et mêmes des citoyens dont les mesures entravent les activités normales, permettant de le recadrer dans ses objectifs soutenus et soutenables pour l’ensemble. Les fonctionnaires et tous les salariés ne concevront pas par la faute du mouvement l’empêchement de toucher leurs salaires à la fin du mois. Le cas échéant, ce serait une catastrophe à l’échelle nationale.

Le Président de la République, si ce sont les seules solutions, doit user de l’article 42 de la constitution, ou parvenir à faire démissionner les Députés qui sont l’objet de contestations, et/ou, à défaut de faire démissionner tous les membres de la cour constitutionnelle, de l’article 50 de cette même constitution, en prenant un décret de l’abrogation de celui qui les désigne, à l’effet de donner satisfaction aux contestataires qui refusent la violation de leurs droits, et par lesquels les cordes du mécontentement sont tirées.

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