AES: LES MENACES QUI LA GUETTENT

 Pour rappel, l’idée de la naissance de l’Alliance des Etats du Sahel regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger avait germé à la suite du renversement du pouvoir de Bazoun le 26 juillet 2023, alors qu’elle avait déjà commencé à fleurir entre les deux premiers. La gestation de sa concrétisation focalise l’ensemble de l’opinion de ces trois pays et, aussi et surtout, ses voisins immédiats de la CEDEAO et, au-delà de laquelle, la France qui joue gros afin de ne pas perdre son influence sur ses anciennes colonies au dos desquelles son économie est basée. Les prières de ses peuples ne tarissent pas en vue de sa longévité, même si, au même moment, un beau monde dirige leurs prières dans le sens contraire. Aussi, des menaces la guettent. Ces menaces sont d’ordre national, régional et international.

I- Sur le plan national et régional:

Sans doute, à l’intérieur de ses frontières et au niveau régional, elle compte des dépréciateurs: 

A- Sur le plan national:

Sur le plan national, il faut compter de part la société civile, les partis politiques et le social.

a-La Société civile:

L’étiquette commune à toute la société civile ne serait pas juste, mais la plupart de ses membres qui ont vu la perte de leurs privilèges avec le départ de l’ancien régime demeurent des alliés potentiels des partis politiques dont l’objectif principal se résume à la fin de la transition, quelle que soit la manière, et à leur accession au pouvoir avec l’argumentaire du retour à la case départ que les populations, à la lumière du vécu, mettraient dans un mauvais souvenir. Donc, la voix de la société civile ne s’élève que pour la recherche de dividendes, en face de la misère des populations. Sinon, toutes ses luttes devaient s’inscrire dans la logique de soutenir tout régime honorable que la démocratie au rabais n’a pu donner.

b-Les partis politiques:

Le vécu récent de la démocratie dans nos pays de l’AES a fini par le délitement social, la perte de confiance en celle-ci et le désintéressement du peuple à l’exercice de son droit de choisir ses dirigeants. Certains Chefs d’Etats sont élus avec moins de 10% de la population totale de leurs pays dans des bureaux de votes plus ou moins vides où la corruption était à ciel ouvert. Malgré tout cela, leur passe-droit est le seul intérêt qu’il porte à la politique, mais jamais la promotion des peuples à vivre dignement. C’est la seule raison qui fonde leur demande incessante d’élections dans des pays où l’insécurité fait rage , au lieu du soutien inconditionnel à la reconquête du territoire, à la refondation. Parmi eux, certains, au service du mal, oeuvrent à l’échec de l’AES. Leur manifestation d’esprit avait fait jour contre la décision du Burkina Faso et du Mali par rapport à la volonté d’agression du Niger nourrie par les Chefs d’Etats félons de la CEDEAO, et même le partenariat avec la Russie.

-Menaces sociales:

Les conditions structurelles de nos sociétés font que les relations familiales occupent une grande place. L’adhérence à une cause n’est ni le fait d’une réflexion approfondie, ni le fait de décision autonome. Elle peut venir d’un suivisme héréditaire qui veut que le Chef de famille soit respecté même dans ses errements. Il n’est pas étonnant que certains citoyens soient emballés dans des fausses causes rien qu’à l’obéissance du supérieur. 

B-Menaces régionales:

C’est de l’euphémisme de dire que la CEDEAO constitue une menace sérieuse contre la viabilité de l’AES. C’est de bon coeur mauvaise fortune qu’elle l’a vue naître. L’alarme est sonnée en son sein dès lors que ce qui semblait être une alliance de circonstances est en train de prendre corps et devenir une intégration des peuples réussie. Les différentes rencontres des experts et des Ministres de l’espace et les propositions qui en ont résulté des trois pays a sonné le glas, puisque leur envol sonnera sans doute la fin de la récréation qui a permis à certains leaders de l’organisation sous-régionale d’instituer un leadership dictatorial. Ainsi, les sanctions unilatérales et inhumaines seront réduites en cendre. Afin d’éviter cela, on note l’empressement de l’UEMOA à faire des propositions d’argent, comme une corruption et une resquille, alors que dans un passé récent elle se donnait tout le plaisir de saisir, de bloquer des comptes de ces pays dont l’autonomie n’est plus qu’une question de temps. A présent, la CEDEAO est en train de jouer des coudes partout à l’effet de prévenir cette rupture qui donne lieu d’être inévitable. De ce fait, le langage a changé de ton, tout en gardant toutes les options sur la table.

II- Menaces internationales:

Sur le plan international, il va sans dire que les menaces, serait-ce que par solidarité, existent.

A- Menaces de l’ONU:

Cette organisation internationale qui était commune à tous les Etats indépendants, est devenue à la longue « un machin » de certaines puissances dont la France. L’ONU acceptait que des Etats soient porte-plumes d’autres Etats souverains sans que ces textes s’y prononcent clairement. Ainsi, la France était porte-plume du Mali sans son consentement explicite, de sorte que les écrits qu’elle présentait et qui étaient entérinés entièrement, étaient tous en sa faveur., jusqu’à la dénonciation expresse. Mais, malgré tout, cet office de porte-plume lui a été concédé lors de la rédaction de la résolution 2690, alors que la sollicitation du Mali en vue d’une confrontation à cause de sa responsabilité dans la propagation du terrorisme n’a pas encore abouti. Au lieu de cela, on assiste à des appels des pieds d’élections en faisant fi de la volonté du peuple qui se soucie d’abord de sa sécurité et de la sécurité de ses biens qui étaient dilapidés par certains politiciens de bas étage. Donc, l’ONU est en train de prendre à son compte le souci de la France de mettre fin aux transitions en cours au Burkina Faso, au Mali et au Niger, des transitions qui sont en passe de devenir son cauchemar, parce qu’elles sont en voie de mettre un terme aux vols de ressources dont elle se livrait depuis des siècles. Sinon, de quoi elle se permet des ingérences dans la politique intérieure de ces Etats alors que d’autres font pire sans qu’elle puisse en piper mot que timidement. L’ONU, sur pression de la France et de ses alliés européens et de ses habitudes discriminatoires, avait même refusé au représentant du Niger de prendre parole à la tribune, tandis que rien ne le justifiait. 

C’est dire que l’ONU a seul devoir d’accompagner les Etats en quête de paix afin de se développer, au lieu de suivre des Etats bandits qui favorisent les guerres pour leurs intérêts. 

B- Menaces de la France et de ses alliés européens:

L’AES est plus que menacée par la France et ses alliés européens. Tous leurs financements vont actuellement à des Etats complices de leur politique prédatrice et de scission. Ils ont, sans vergogne, institué « des coups d’Etats fréquentables » et des « coups d’Etats non fréquentables », comme ils ont su le faire au Mali avec « des terroristes fréquentables » et « des terroristes non fréquentables ». La France a mis tous ses valets de maison en orbite à l’effet d’obturer les avancées prometteuses de l’AES. Elle susurre même des assassinats ciblés contre les Chefs de cet ensemble. Et, en outre, les ballets diplomatiques en disent long sur la volonté de sauvegarde des intérêts, au détriment  de ces pays de l’AES.

Aussi, l’invitation est faite à Assimi Goïta, Ibrahima Traoré et Abdourahmane Tiani de taire tout égot, resserrer les liens, les rangs, d’éviter tout ce qui peut être source de scission, de découragement, de retard dans l’accomplissement des objectifs de l’organisation qui fait la joie et la fierté des peuples du sahel et d’Afrique qui pensent qu’ils avaient mûrit l’idée de la création de l’AES avant de publier leur décision. Tout recul, à ce niveau, peut être suicidaire, car rendrait néant tous leurs efforts et anéantirait l’espoir que leur décision à fait naître.

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