LE FAMEUX PONT DES MARTYRS DE BAMAKO

De l’indépendance du mali à aujourd’hui, le pont des martyrs a fini de livrer tous les secrets de sa construction. Son état actuel prête à une vieille femme qui n’en peut plus, qui demande de mourir et de renaître en une fille qui tiendrait mieux. Ses cheveux sont décrépis, sa poitrine se rétrécit et ses jambes et ses mains tremblotent.  Elle a donné ce qu’elle a pu, et ses jours sont désormais comptés. Il faut souhaiter sa mort sans catastrophe.
Tous les discours qui se veulent rassurants des responsables chargés de son entretien n’y peuvent rien. Et les mesures d’interdire la circulation simultanée de deux gros porteurs s’interprètent comme un palliatif de l’impossible, dont on peut se passer alors qu’il n’est pas tard.
Jadis l’ancien pont, renommé ensuite pont des martyrs, parce que lors des événements de mars 1991 beaucoup de gens y sont morts, était, jusque récemment, le seul pont de Bamako, sur lequel passait tout en même temps, les piétons, les bicyclettes, les voitures. Aucune autre voie qu’elle, excepté celle  des piroguiers, ne donnait la possibilité de joindre les deux rives du fleuve Niger. A l’époque, le pont était tel qu’il n’y avait pas besoin de prendre des mesures de limitation de sa circulation.
C’est pourquoi, d’après toutes les réserves qui s’expriment, il est impérieux d’y interdire totalement la circulation et de reprendre en tous ses endroits sensibles sa construction. Il ne faut pas attendre qu’il s’effondre pour venir s’offrir en spectacle de celui qui est frappé de désolation par son fait alors qu’il a été maintes fois avisé. Et c’est  vrai qu’au Mali, l’anticipation n’est pas de notre propre.
Au demeurant, ce fameux pont des martyrs, au cœur de Bamako et chargé d’histoires, est de loin dépassé en ses capacités d’offrir aux usagers une circulation digne des temps modernes. Il est très étroit, et demande un élargissement en 4×4, ou même, pourquoi pas, 6×6 voies, avec des échangeurs qui se rejoignent. L’effort de guerre ne doit  pas exclure de prévenir l’hécatompe ou la misère que son écroulement pourra entraîner, s’il survenait surtout aux heures de pointe, où  les mouvements sont denses.

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