SUITE DES ARTS ET MYTHES DU MALI

Il est une évidence que l’islam n’a pas tué au Mali les croyances mythiques traditionnelles.

Aujourd’hui, les maîtres de la magie n’ont pas disparu. Ils se regroupent dans des sociétés ésotériques, ouvertes uniquement à des initiés qui ont suivi un enseignement durant de longues années. Ainsi, le Kômo des bambara, en particulier dans la région de Bélédougou, se répartit en sept classes d’initiés qui ne gravissent les échelons qu’après sept années passées dans chaque classe. De sorte qu’un jeune garçon qui commence son initiation à sept ans devra apprendre la vie et la géomancie pendant quarante-neuf ans, et ne pourra espérer devenir grand maître qu’à l’âge de cinquante-six ans..
L’initiation, bien entendu secrète, se déroule toujours la nuit. Elle commence par une grande fête villageoise, à laquelle participent encore les familles des Timidé, candidats retenus peu après leur circoncision. Après le dernier repas familial, les jeunes gens partent pour leur long stage. Ils apprendront la musique et la danse sacrées, se formeront à la souffrance, s’initieront aux codes secret du Kômo, aux paroles magiques, à la géomancie, à la philosophie. C’est en fonction de leur assiduité et de leur force de caractère qu’ils graviront les échelons de la société secrète. De Timidé, ils peuvent devenir Tinto, initiés primaires mais déjà autorisés à nettoyer les sites sacrés. Plus tard, devenus Niegela, ils auront la charge de la conservation du matériel rituel.. Puis, ayant accédé aux premiers secrets, ils seront Dalasigi, gardiens des institutions  et chargés d’assurer la police de la société Kômo. Quand ils auront appris tous les cris d’animaux et la manière de s’en servir pour communiquer avec les génies, ils accéderont au grade de Korola. Rares sont ceux qui deviennent Nafon, ou dépositaires du code secret des grands prêtres . Ces derniers, au sommet de la pyramide, portent le titre de Dienfa, c’est-à-dire dignitaires du Kômo, grands maîtres de la géomancie..
L’initiation oblige les stagiaires, à chaque stade de leur formation, à respecter le secret le plus absolu.. Une autre société, le Dôo, s’entoure d’un tel secret qu’il n’est permis de rien dire ni de sa signification ni de sa structure; la moindre indiscrétion est passible de la peine de mort..
Plusieurs autres sociétés secrètes existent encore au mali, particulièrement parmi les bambara, mais aussi chez les Sénoufos-Minianka et les Bobo. Partout, l’initiation commence  peu après la circoncision qui ouvre à la vie, donc à la connaissance.

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