A PROPOS DE LEGITIMITES RELIGIEUSES ET TRADITIONNELLES: DEUX RESPONSABLES S'EXPRIMENT'




                               

             

                                                                                                        [11:11, 21/07/2022] Mountaga Tall: JE ME REJOUIS  DE LA DÉCISION  DE VALORISER LES FONCTIONS DES LÉGITIMITÉS TRADITIONNELLES ET FÉLICITE VIVEMENT LE PRÉSIDENT ET LE GOUVERNEMENT DE LA TRANSITION.

POURQUOI ?

 

LISEZ MON PROGRAMME 2013 et 2018 :

 

Projet de société de Me Mountaga C. TALL 2018

 

Extrait

 

« QUATRIEME PARTIE – NOS REPONSES AU DEFI SOCIAL

 

La demande sociale est à la fois spirituelle et matérielle. Nous y répondrons par les mesures suivantes :

 

I-INTEGRONS NOS VALEURS RELIGIEUSES ET SOCIETALES

 

La spiritualité est un besoin vital pour l’Homme. Assumer nos valeurs sociétales, culturelles et religieuses est un impératif pour notre développement et notre épanouissement individuel et collectif.

Jamais un Etat ne s’est développé au mépris de ses valeurs sociétales, culturelles et religieuses.

Nous pensons profondément et sincèrement qu’assumer ces valeurs est un impératif pour notre développement et notre épanouissement individuel et collectif.

Nous devons redonner à nos chefs religieux, à nos chefs de villages, de quartiers, de fractions et à nos leaders d’opinion, la place qui est la leur dans notre société.

Nous devons également renforcer nos valeurs de solidarité par des mesures spécifiques.

En fait, il nous faut faire coïncider l’offre politique avec la demande religieuse et sociétale en faisant en sorte que nul ne se sente exclu de la République et de la gestion des affaires publiques.

Nous devons mettre un terme à ces vieilles pratiques consistant à dire « Va à ton lieu de culte, Reste dans ton vestibule et tais-toi ».

Nous devons réussir la mobilisation sociale en faisant des chefs religieux et coutumiers les premiers vecteurs de la mobilisation sociale donc du développement économique.

M. TALL »

Un long combat qui aboutit après la Légalisation du Mariage religieux.

Merci à la Transition.

 

[11:12, 21/07/2022] Harouna Niang: Il faut juste s’assurer que nous n’allons pas maintenir une société qui fonctionne avec deux systèmes de valeurs. Ce système dualiste restera s’il est mal intégré ou non harmonisé. Il fera que les citoyens vont constamment se perdre dans  des repères quelques fois contradictoires.

C’est un grand défi de vouloir partager le pouvoir avec des autorités traditionnelles héritières de cultures basées sur le féodalisme dans une république démocratique. Il faut éviter de réintroduire les inégalités de nos sociétés  traditionnelles basées sur des privilèges indus et des discriminations. Être fils de… ne doit pas être plus important que le fruit du labeur. Le gnamakalaya divise notre société en castes avec les discriminations qui l’accompagnent. Nous avons encore dans notre pays des survivances de l’esclavage. Toute chose qui est inacceptable dans une république et dans une démocratie.

L’immixtion de la religion dans le champ politique pourrait aussi conduire à une instrumentalisation de celle-ci par les leaders politiques et créer peut-être plus de radicalisation des populations vulnérables.

Il est évident qu’un pays pour se développer doit d’abord beaucoup s’appuyer sur sa culture. Il faut toutefois veiller à ce que celle-ci ne reste pas figée pour devenir un handicap. Notre culture devra s’ouvrir et même favoriser le progrès de la science, de la technique et de la technologie.

Nous devons aussi évoluer pour satisfaire les besoins à changement rapide de nos populations en terme de liberté, de démocratie,  d’éducation, de santé, de justice ,de droits de l’homme etc…..

Face à la mondialisation ainsi que le développement rapide des nouvelles technologies notre culture ainsi que les maliens devront développer des capacités d’adaptation, d’innovation et de créativité rapide pour se hisser au niveau concurrentiel qu’il faut pour se classer dans le top du leadership mondial.

Trouver une harmonie entre tradition et modernité y compris au niveau des valeurs et des principes qui les guident est donc le grand défi des maliens.

Tous les pays développés sont passés par là.

Les cas du Japon, de la Corée du Sud et récemment de la Chine et de certains pays du Sud-Est Asiatique peuvent être cités en exemple  en  termes  d’harmonisation réussie de tradition et modernité.

Le côté positif de tout ça c’est que nous avons un potentiel culturel extraordinaire mais qui est simplement mal exploité. Je citerai dans ce domaine la musique, l’artisanat, le cinéma etc…

À ma connaissance nous sommes le seul pays Africain à avoir décroché deux Grammy Awards en musique.

Souleymane Cissé fait aussi partie des pionniers du cinéma africain.  Nous pouvons y ajouter la cosmogonie dogon, notre sanankouya qui sont uniques au monde.

H. Niang

En effet, l’organisation sociale, avant la pénétration religieuse et coloniale, reposait sur la centralisation du pouvoir sur des hommes qui s’étaient distingués du lot par leur bravoure et leur témérité, en l’occurrence, Soundiata , Tiéba, Babemba, Biton, Da Monzon, Firhoun. L’histoire du Mali a été jalonnée, à l’époque, de l’émergence de beaucoup d’hommes conquérants ou combattants dont les faits sont encore racontés. La floraison des épopées nous en disent long.

Mais, avec l’arrivée du colon et du religieux, la stratification sociale a conduit à des discriminations, à des inégalités qui ont eu la vie dure et persistent à présent.

De par l’accession à l’indépendance, le pouvoir du Premier Président, Modibo Keïta, s’était évertué à lutter contre ces inégalités, en supprimant textuellement et dans la pratique l’organisation discriminatoire qui prévalait. C’est ainsi qu’intervenait la suppression des Cantons et autres formes administratives instituées ou favorisées par le colon. L’Etat prenait, au fur et à mesure , de place au détriment des Chefs religieux et traditionnels.

Mais, ce n’était pas une tâche aisée, à cause de l’ancrage à la foi par le religieux et la proximité des Chefs de villages avec leurs populations. Il demeure difficile de faire admettre à un croyant la suprématie du temporel sur le spirituel. Le fort courant de la spiritualité n’est pas prêt de s’estomper tel qu’il est vécu tous les jours.

Si fait que le Chef religieux est écouté, craint même, parce qu’il incarne la volonté de Dieu sur terre. Dans certaines contrées, le Cadi inspire plus confiance que le Juge du fait de la compréhension que ses décisions s’inspirent de la charia qui est une émanation de Dieu, et ne sont influencées par aucune opinion des hommes. Par conséquent, s’il reste dans son domaine de prédilection, il peut aider à la stabilisation de la société, du pays. Et aussi, le pouvoir politique peut avoir intérêt à revaloriser son rôle social en l’associant au moins aux prises de décisions intéressant la vie de la nation.

De même, l’écart du Chef de quartier, du Chef de village et de fraction, de la vie publique, à cause du rôle social qu’ils jouent, est contreproductif. Avec le chef religieux, ils sont les gardiens de nos traditions, et une croie de transmission de nos valeurs à l’administration publique. Ils constituent des notabilités qui sont également très écoutées à la base. Leur exclusion du domaine d’intervention de l’administration s’est toujours soldée par un échec, même serait-ce que la mobilisation des recettes. L’organisation sociale relative à l’agriculture, à la pêche, à l’élevage, au respect des lois, nécessite leur implication. Dans certains milieux, le dernier mot de toute initiative les concernant appartient au Chef traditionnel.

Aussi, les pouvoirs successifs, conscients de ces réalités tout autant têtues, en conservant ces légitimités, ont initié divers textes dans le cadre de les encadrer, de les orienter, dans le sens qu’elles participent aux différents objectifs politiques, en ayant à l’esprit l’évitement de faire revivre les inégalités qu’elles avaient comportées. Il leur appartient de le comprendre pour le bien de l’Etat de droit et de progrès que le Mali veut construire. 

Leur adaptation au contexte mondial de développement permettra, à coup sûr, de sortir des sentiers battus. 

La corrélation entre ce qu’il y a de positif chez d’autres et nos valeurs et principes est un impératif pour l’émergence. Il faut savoir faire le tri.

C’est dans ce sens que l’on peut comprendre   la remise des insignes et drapeaux de la République, lancée par le Président de la Transition, Assimi Goïta.

 

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