MOUIGNA-DJENNE: UN CRIME SOUS LES BOYAUX

                                                            A droite l’auteur du crime
 

                                                              La victime

Un jeune du nom de BALE Bouaré, d’environ 30 ans, a été ligoté le vendredi 20 mai 2022, à Mouigna , attaché à un arbre  et battu à mort par le Chef Dozo , MAMA DRAME, qui fait lois dans le secteur de Djenné. Il y est Dieu et ses saints. Rien ni personne ne peut seulement le regarder en face s’il ne fait tomber sa foudre de colère.

Cette foudre, malheureusement, est tombée sur BALE auquel il reproche d’avoir commis l’adultère avec une femme dont il se prévaut être le mari en dehors de tous mariages, et qu’il avait extorquée à un autre homme avec lequel aussi elle avait vécu plus de deux ans. En somme, le voleur qui crie au voleur.

Avec cette intention d’assouvir son courroux, il fit appeler celui dont il avait déjà rendu l’arrêt de mort sans même en avoir besoin de l’écouter. Le refus de ce dernier d’y répondre immédiatement pour motif que son maître coranique est parti pour le pèlerinage à la Mecque, le mit dans un tel état qu’il appela le futur pèlerin encore en préparatifs à Bamako, en le menaçant d’en découdre avec lui si d’ici son retour son talibé ne venait pas à son appel. MALAMINE TRAORE, c’est le nom du maître coranique, connaissant ce dont il est capable, intima à BALE d’aller répondre à l’appel. C’était le pire qu’il fallait éviter. Dès que ce dernier franchit la porte du dozo, il fut aussitôt emballé comme dit plus haut et mis à sac. Il en avait perdu sous la torture atroce qu’il avait subie l’usage de tous ses sens. En chiffon, il fut évacué d’urgence à l’hôpital Sominé Dolo de Sévaré où il rendit l’âme, le 21 mai 2022, vers 22 heures. Selon le diagnostic des Docteurs de cet hôpital, il n’était plus en vie quand il y arrivait.

Ses parents informés, de la manière que l’acte est normal, parce que commis par le Tout Puissant, refusèrent de l’admettre et allèrent se plaindre à la Brigade de Gendarmerie de Djenné. Sur ces entrefaites, le Chef hiérarchique du Dozo en siège à Ségou, mis au courant, décida que c’est un acte répréhensible et qui doit être puni de mort. Et aussi lui adressa une interpellation punitive de six millions de FCFA sur lesquels il put payer un  million. Cependant, ce dernier venait à la suite d’un autre par lequel il avait saisi dix têtes de bœufs d’un habitant d’un village voisin, qu’il avait vendus au marché à sa guise et à son profit personnel. Evidemment, le même Chef hiérarchique l’avait obligé à dédommager la victime. Enfin de compte, sa vie avait été décidée d’une raison fatale par la confrérie n’eussent été les supplications de certaines personnes. Cette confrérie, à défaut d’exécuter sa sentence de mort, avait exprimé son bannissement et l’avait abandonné à son sort si la justice sévissait.

Par la suite, il fut invité à se présenter à la Gendarmerie de la localité, à une date précise. Mais, à la surprise de tous les parents de la victime qui étaient presque convaincus qu’il serait mis aux arrêts pour répondre du crime, il fut relâché par les gendarmes sans conditions Et selon les seules informations qu’ils purent glaner çà et là, même le Procureur de Djenné n’y put rien, parce qu’un Grand marabout respecté est intervenu, et parce que, sous la pression de celui-ci, les Dozos ont révisé leur décision et ont demandé à la Brigade de surseoir à toute action pendant le temps d’une négociation entre toutes les parties. Cela sort de l’ordinaire pour eux dans un pays que l’on veut en refondation qui leur ferme ses portes au droit à la justice qui doit être égale à l’endroit de tous. En l’état, ils ne savent plus à quel saint se vouer.

Enfin, pour toutes causes, ils interpellent les plus hautes autorités devant cette volonté de perpétuer l’impunité qui doit être à jamais bannie de nos habitudes, sinon des risques de vengeance contre le criminel ne sont pas à écarter. D’ailleurs, une bonne partie des parents de la victime ont nourri un moment l’intention de mettre en exécution cette vengeance si les plus légalistes parmi eux ne s’y étaient pas opposés.

En effet, aucune raison ne s’oppose à la poursuite du dozo soupçonneux tueur  qui a agi en dehors du cadre de la protection de la population contre le terrorisme. Soupçonneux parce qu’il n’avait pas de preuve que le talibé vivait avec sa concubine forcée. De toute façon, il n’avait pas le droit de se rendre justice.

C’est le lieu d’inviter les dozos d’être plus regardant dans les comportements de leurs membres. Actuellement, dans le pays, tout le monde apprécie leur bravoure et leur sens de patriotisme. Donc, il ne faut pas que quelques uns parmi eux ternissent leur image par leur boulimie d’argent, et de pouvoir.

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