LES COUPS D’ETATS DANS L’ESPACE CEDEÀO

Si nous faisons la rétrospective des Coups d’Etats dans l’espace CEDEÀO, nous en venons à les résumer en deux raisons : raison sécuritaire et raison institutionnelle. Au Mali, par exemple, le coup d’État contre ATT était survenu à cause du mécontentement presque généralisé de l’armée qui se plagnait du traitement accordé au plan politique par le pouvoir à la crise rebelle orchestrée par le MNLA et ses alliés. Parle-t-on d’une méprise, si on tient compte qu’ ATT était un Officier supérieur et qu’il a réussi plusieurs réalisations, non moins entachées en quelques endroits, l’oeuvre humaine n’étant pas parfaite? À la solde de ce coup d’Etat, IBK a accédé au pouvoir par le biais d’élections. Ces élections ont été rendues possibles grâce à la médiation de Blaise Compaoré, ex-Président burkinabé entre le Mali et les rebelles du MNLA.
Avec l’accession au pouvoir du défunt IBK, tous les espoirs étaient permis. Mais, malheureusement, avec lui la crise s’était métastasée pour atteindre presque l’ensemble du territoire. Toutes les activités socio-économiques prirent du plomb. La vie pour les Maliens devenait intenable, tandis que, de façon insouciante, les proches de ce pouvoir ne cachaient leur insolence dans les détournements de deniers publics. L’impunité s’était réellement installée dans tous les segments de l’Etat. Alors, il fut également renversé par un coup d’État provoqué par des manifestations insistantes. Sous prétexte qu’il était élu démocratiquement, des sanctions furent prises par la CEDEÀO, en faisant fi de la situation sécuritaire. Ces sanctions, au lieu de l’effet recherché, sont en train de motiver une solidarité des peuples africains qui ne les acceptent pas contre l’Organisation qui est accusée de servir les intérêts du colon. Et, pour les mêmes motifs de mécontentement, un coup d’État survient au Burkina Faso et, maintenant, au Niger. Entretemps, il y eut un coup d’État en Guinée contre Alpha Condé qui tenait à un troisième mandat, en violation des principes, après avoir procédé à une révision constitutionnelle aux forceps .
De même, Alassane Dramane Ouattara, l’actuel Président ivoirien, aidé par la France,est à l’origine de deux coups d’Etats institutionnels : un contre Gbagbo et un contre la constitution qu’il viola pour briguer un troisième mandat alors qu’elle le fixait à deux.

 Nous assistons aux sanctions comme celles qui étaient infligées au Mali contre le Niger, dont les fils se plaignent aussi de l’insécurité et de mauvaise gouvernance. Enfin, la mauvaise gouvernance demeure surtout une source abyssale de mécontentements des peuples de l’espace. Les richesses du sous-sol ne leur profitent pas, mais elles profitent essentiellement au colon qui tient, comme hier, à les maintenir dans l’esclavage, avec la bénédiction des Chefs d’Etats mal élus.
Donc, de ce fait, les sanctions ne sont pas efficaces. Ne dit-on pas que ventre affamé n’a point d’oreille ? La jeunesse africaine d’aujourd’hui ne peut plus admettre le diktat dont les objectifs ne sont autres que de la tenir en dépendance. La CEDEÀO doit penser peut être à une disposition statutaire qui permettra d’exclure carrément tout pays dans lequel intervient un coup d’État, au lieu de prendre des mesures qui punissent plus les peuples que leurs dirigeants. Elle doit croire, à l’évidence, qu’elle n’est pas une fédération, mais un ensemble de pays qui gardent encore leur souveraineté. Enfin, en vue d’une intégration totale, elle doit penser à créer, plutôt, une force qui pourra faire face aux dangers extérieurs qui la minent. Organisation économique, elle doit notamment assurer la sécurité de ses membres. A ce niveau, elle a lamentablement failli. C’est pourquoi, alors, ces peuples font appel à l’armée, seule altenative pour mettre fin à une dictature démocratique, chaque fois qu’ils se rendent compte que celui qu’ils ont massivement choisi n’honore pas ses engagements et les conduit directement à la perte.

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