L'Opération Serval

                  L’Opération Serval a été déclenchée le 10 Janvier 2013 quand le Mali était en passe de tomber entre les mains des terroristes dits djihadistes. Ceux-ci après avoir occupé les 2/3 du territoire pendant au moins huit mois, de l’Adrar des Ifhoras à Douentza et eu suffisamment de temps pour renforcer leur position et leurs moyens, en hommes, en matériels et logistiques, ont estimé, à la suite des résolutions de l’ONU autorisant l’emploi de la force en vue de mettre fin à cette appropriation qualifiée d’injuste, qu’il était de ton pour eux d’étendre leur hégémonie au tiers restant.
                   Le reste du Mali, depuis l’occupation, n’a pas un instant baissé la garde, en explorant à l’occasion toutes les opportunités pouvant venir à bout de la souffrance qu’était le quotidien de la population des zones sous domination.
                    Cette population du Nord se trouvait ainsi martyrisée et poignardée au plus profond de son cœur devant l’impuissance de l’armée nationale mal préparée et mal équipée, mais susceptible de pouvoir la protégée en toute circonstance. Elle avait cependant embrassé et cultivé les préceptes de l’islam au point d’en créer une université qui faisait la gloire des érudits dans le domaine, et cela durant de nombreux siècles. Et c’était à l’effet du respect de ce même islam, prétend-on, qu’elle était soumise à toutes les atrocités : ses enfants enrôlés de force, sinon mutilés, lapidés, tués, ses femmes violées, ses propriétés usurpées et son patrimoine classé mondial détruit.
                   A l’effet d’échapper à cette honte, ceux qui pouvaient encore tenir sur leurs jambes préférèrent, par centaine de milliers, se déplacer à l’intérieur du pays ou  se réfugier dans les pays voisins. Certains dans leur fuite n’ont pu amener que le minimum en perdant l’espoir de refaire sitôt leur économies longtemps après la guerre.
                    Celle-ci dura le temps que le pouvoir de Bamako, confronté en son sein  à de profondes divisions, soit militaires ou politiques, se décidât et que la CEDEAO, rejetée par une frange de l’armée et de la population, mais dépourvue totalement de capacités d’intervention souhaitée en face de l’ennemi commun qui ne cachait pas détenir un arsenal d’ hors portée, mobilisât des moyens et ses troupes, en comptant sur l’Organisation sous régionale et internationale et sa bonne volonté.
                     Dans cette attente, comme si le diable s’était emparé de leur corps, ils rassemblèrent (les terroristes) toute leurs forces, mêmes occultes et foncèrent sur Konna et Diabali, les derniers bastions renforcés de l’armée malienne au-delà desquels la porte de Bamako pourrait leur être ouverte. Ayant entamé leurs procession et provocation lundi, ils parvinrent à prendre les points stratégiques mentionnés ci-dessus le jeudi. La nouvelle fut comme une douche froide, et le désarroi s’installa. Chacun, jusqu’au plus haut sommet, se posait la même question : que faire ? Faut-il se résigner à accepter le même sort qu’ils avaient fait endurer à la population du Nord ? Mopti et ailleurs se vidèrent de leurs habitants en direction de Bamako, principalement les fonctionnaires qu’ils n’épargnaient pas.
                      C’était alors que le miracle se produisit. Serval fendant le ciel et ensuite l’air entra en danse, et fut tomber sans relâche la foudre sur les « fous du diable ». Hommes et véhicules du diable furent carbonisés. Entre leur rang la panique s’installa et leur rêve fut alors anéanti. Le sauve- qui- peut ne faisait plus honte: ils sont piétinés et ils piétinent à leur tour leurs mamans, et ils répètent chacun: qu’est-ce que j’ai fait ? est-ce que tu ne vois que moi ? En quarante huit heures, Douentza, Diabali, Konna, Gao et Tombouctou furent libérés, sous les bombardements incessants des « souffleurs » de morts. Comme par enchantement, ils se confondirent au sable qui, interrogé, pourrait exprimer son ras-le-bol.
                     Le Mali, aux anges, abhorrait les  couleurs de la France jusque dans les chambres à coucher. Cette reconnaissance sans pareille de la Nation fut rendue plus tard au Président français, François Hollande.
                     Cette reconnaissance aura été sans ombre si cette intervention tant saluée ne s’était pas arrêtée en bon chemin. Les forces Serval, alors qu’il restait Kidal seul à mettre sous le giron malien, intima à l’armée malienne de se séparer d’elles et d’arrêter sa progression, au motif infondé que la partie qui restait à conquérir état sensible, malgré  la présence des militaires tchadiens à leur côté.
                      Le Mali aurait préféré que les malheureuses pertes humaines enregistrées parmi celles-ci, puisqu’il n’y avait pas une autre alternative, fussent toutes à son compte, comme il a été constaté à Konna et Diabali. Paix à l’âme de tous ceux qui sont tombés sous les balles de ces terroristes, ni loi, ni foi, en fait.
                     Le peuple continue à  se poser la question qui sied à la situation, de savoir pourquoi le MNLA est mis au-dessus de tout un pays, alors que c’était ce mouvement, en faveur de la défection de certains dans la confrontation  de l’OTAN et de l’armée de Kadhafi, qui a, sans raison aucune, pris les armes et provoqué l’hécatombe que l’on connaît, un mouvement qui est devenu une épidémie pour tous, alors qu’il ne compte pas 0,0001% de la population du Nord. N’eut été l’intervention de l’Opération Serval, il était défait et n’a refait surface.
                     Il est parvenu, avec les bénédictions de la France, à obtenir un accord tiré par les cheveux à Ouaga où se pavanent ses plus irréductibles membres, soi-disant au compte d’une médiation qui noie le poisson.
                     Les membres de ce mouvement, les premiers à violer l’accord de Ouaga qui avait prescrit leur cantonnement, restent à présent armés et se livrent à tout le désordre et menacent  l’armée régulière qui se trouve, ironie du sort, cantonnée au même titre que l’administration dont les locaux sont occupés par eux et qui, pour passer un communiqué dans la radio nationale, paye les frais. Récemment, ils ont fait agressé des Ministres de la République, sous le nez des forces Serval et des caques bleus qui ne laissent aucune bonne presse, partout où ils sont passés. Parfois, l’on se demande sur l’utilité des casques bleus sensés servir au nom de la paix dans le monde et qui, comble de paradoxe, une fois envoyés tardivement dans un pays en vue de ramener et de maintenir la tranquillité des populations pour lesquelles ils absorbent des sommes extraordinaires, laissent ces populations se faire tuer sous leurs yeux. Comme pour dire que l’ONU ne répond plus valablement à ce à quoi elle a été créée. Elle est juste devenue une foire à farce tirée du bout du nez par les plus puissants. Le seul fait positif à mettre à son actif à l’instant, ce sont les résolutions s’opposant à toute partition du Mali et autorisant l’usage de la force pour sa libération. Ces résolutions ne doivent pas être des lettres mortes.
             Enfin, pour me résumer, il est évident , même s’il est difficile de l’admettre, que le MNLA n’est pas dissociable des terroristes qui changent de couleur au gré du vent dont ils ont la nationalité. J’espère que la France à laquelle les Maliens sont toujours reconnaissants a eu le temps de le comprendre, de prendre la mesure de la capacité de nuisance dont est expert ce mouvement de bandits.

       

                    

                     
                   
                   
                

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