Kurukanfouga au coeur du Mandé

             
                                            Kurukanfouga a été enfanté en 1236 au Mandé, dans le cercle administratif de Kankaba.

                                             Pour s’y rendre, le visiteur a deux possibilités au choix: soit il emprunte la route conduisant en République de Guinée en passant par Siby et ensuite Bankoumana, ou , à partir du poste de Sébénikoro, il trace une virgule sur Dioliba, le village du célèbre artiste-musicien, Salif Keïta, sur Bankouma enfin dont le prolongement amène à Kurukanfouga.
                                            Kurukanfouga, autrement que pensent beaucoup, n’est ni un village, encore moins une ville, mais  un vaste espace libre, caillouteux, entouré d’arbres sauvages entretenus, au centre duquel sont exposées de grosses pierres qui avaient servi à s’asseoir aux dignitaires du Mandé, auteurs, après de laborieux concilabules,  de la plus magnifique et première constitution africaine, qui a pris date depuis lors à celle  suscitée. Tirant son nom de cette réunion historique, Kurukanfouga était inviolable jadis par les enfants qui n’étaient pas initiés et aux femmes. Les quelques entêtés qui enfreignaient cette inviolabilité  en avaient eu pour leur compte. 
                                             La constitution du Mandé aurait pu avoir une popularité extraordinaire si elle était écrite et transmise par les canaux modernes d’information. Mais malheureusement, elle a du son âge à l’oralité des griots et de quelques patriarches qui se la transmettaient de bouche à oreille. N’empêche, aujourd’hui la Communauté internationale est en train de la replacer dans son rôle historique en acceptant d’en faire référence et de classer, ainsi que Kaba Blon, Kurukanfouga, son cadre de naissance, patrimoine mondial de l’humanité.
                                            Cet autre de mémoire humaine demeure Kaba Blon.
                                           Kaba Blon est représenté par une case couverte  d’eutele de paille  qui est rajeunie tous les sept ans, sans être touchée par les fétiches de Kéla Balla, sous la préséance du plus vieux de la famille Keïta, qui mourrait avant les sept ans prochains, pour avoir accepté cet honneur. Elle était aussi interdite aux femmes et aux enfants non initiés et constituait un lieu de résolution des conflits. A cause du pouvoir occulte qu’elle porte,en son sein le mensonge, la trahison du serment, le faux aveu n’étaient pas permis, car, sans contrainte aucune, ceux qui se permettaient des écarts de conduite avouaient d’eux-mêmes ou mourraient. Encore, à nos jours, la photo et le film de la case ne sont pas autorisés.
                                           C’est pourquoi, il est rapporté que ce qui est décidé à Kurukanfouga ne peut pas être trahi à Kaba Blon. 
                                             

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