Léonarda

              Léonarda est une jeune fille d’origine kosovare, donc rom, qui se trouve, malgré elle, au centre d’une vaste polémique en France, où rien n’est vu au minima, mêmes les faits qui peuvent être anodins chez le voisin.
              En fait qu’est-ce qui agite tout le monde ?
              Léonarda est venue là par le vouloir de ses parents immigrés au même titre que des milliers de gens, dont beaucoup perdent leur vie devant leur obstination de braver les vagues et les intempéries, dans leur rêve fou d’aller, coûte que coûte, vers le pays qu’ils pensent être l’eldorado, occultant malheureusement que bien de ses nationaux ne voient Jésus qu’une fois l’an. Au prix d’un abyssal sacrifice pour y parvenir, un matin ils peuvent se voir reconduits, voire éconduits aux frontières, comme des malpropres.
              Dans cette situation irrégulière d’immigrés « sans papiers », terme phare de ceux qui croient comme fer que la cause de tout leur malheur provient d’eux, les géniteurs de Léonarda furent cueillis par les services de l’ordre et sommés  de débarrasser le plancher, oust!, de retourner d’où ils viennent. En désespoir de cause, parce qu’ils mesurent le chemin parcouru pour quitter les conditions non enviables qu’ils vivaient, ils saisirent la Justice qui, comme il fallait s’y attendre, est intraitable face à la violation de la loi.
               C’est alors que, Léonarda élève, la question de l’exécution de la décision de  Justice contre laquelle aucune alternative ne s’offre se posa.
               Mais les agents chargés de son exécution ont manqué de précaution pour certains, de discernement et d’humanisme pour d’autres, du fait qu’elle intervient dans un espace scolaire au moment où elle était en joyeuse compagnie de ses camarades de classe. Le bon sens permet de dire que les services de l’ordre auraient pu attendre que la fille soit isolée, au lieu de la prendre manu militari, comme ils l’ont fait, publiquement, puisqu’après tout elle n’est rien responsable de ce qui est arrivé.
               Le Ministre de l’intérieur, Manuel Valls qui, depuis un moment, défraie la chronique rom, approuve en soutenant que l’opération d’expulsion de Léonarda  est conforme aux lois de la République.
               Mais il ignore peut-être que personne ne lui conteste que, pour la sécurité juridique des citoyens, les décisions de Justice doivent être exécutées, sans état d’âme, mais il doit aussi savoir que Léonarda ne se reproche absolument rien. Alors les naturalistes et humanistes français s’émeuvent et s’érigent contre cette manière cavalière de traiter les enfants qui ne sied pas à la France glorieuse.
                Le Président de la République, j’ai nommé Monsieur François Hollande, auquel l’on peut tout reprocher sauf le chauvinisme, de défaut d’amour pour son pays, pour lequel cependant il est prêt de tenter le diable, malgré la politique politicienne qui s’installe de plus en plus en France, a voulu tout simplement redresser la barre, sans violer la loi, en proposant le retour de la fille, avec bien sûr le consentement de ses parents et le tien, ce qui exclut ceux-ci qui se trouvaient en situation de non droit.
                Mais que n’a-t-on pas entendu ? En droit, c’est un principe universel, la peine est personnelle et le droit de grâce appartient au Président.
              Enfin, les Africains ont du mal aujourd’hui à comprendre la France pour laquelle leur arrières grands-parents ont donné leur vie , à laquelle elle est liée par l’histoire et qu’ils souhaitent voir s’améliorer.
             


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