LE RETOUR DE L'ARMEE A KIDAL! QUE DE JOIES, MAIS AUSSI D'INCONNUS!

Depuis la décision du retour de l’armée malienne à Kidal,les commentaires vont bon train exprimant l’immensité de la joie que cela a procurée.
Ce serait de l’euphémisme d’affirmer que certains Maliens sont aux anges à cette nouvelle pour plusieurs raisons, même s’ils sont confrontés au scepticisme des plus réservés, qui demandent d’attendre de voir ce que l’avenir nous réserve.
I-LA JOIE DE CERTAINS MALIENS A L’ANNONCE DU RETOUR DE L’ARMEE MALIENNE A KIDAL :
La joie de certains Maliens s’explique pour les raisons liées à l’évolution du statut de Kidal, à la lanterne vers la paix, à l’expression de l’amour qu’ils portent aux gens de cette partie du Mali :
A-     L’évolution du statut de Kidal :
A un moment donné, Kidal était en passe d’échapper à l’unicité du  territoire malien, du moins, c’était l’impression que l’hostilité qui s’y est créée laissait prévoir. Ce retour de l’armée marque l’idée de croire à l’acceptation des rebelles de s’inscrire dans la logique d’un Etat uni dans ses diversités.
Enfin, l’armée reconstituée à Kidal, c’est comme l’Etat malien reconstitué.
La réalisation de ce pan de l’accord pour la paix  et la réconciliation d’Alger est un pas géant vers le retour à la normalité, qui permettra, avec le minimum de franchise, de faire désormais front commun contre les rapaces qui versent quotidiennement le sang des Maliens dont le seul tort demeure d’aspirer au vivre ensemble dans la tranquillité.
B-      La lanterne vers la paix :
Ce retour de l’armée, même reconstituée à Kidal, suppose une lueur pour la paix avec ceux qui s’étaient fait distinguer dans leur propension à l’irrédentisme. Les éléments qui la composent c’est tout comme ils s’engagent à ramener ensemble la quiétude des populations. Il est très évident qu’il n’y a pas mieux que la paix pour tourner l’avenir vers le développement.
C-L’amour que tous les maliens portent aux gens de Kidal :
Cet amour n’a été à aucun moment démenti. Tout a été entrepris pour sauver cet amour. Les concessions les plus hardies ont été acceptées par les autorités et les Maliens pour dissuader les rébellions : des programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (D.D.R.) ont été toujours concoctés à l’intention de ceux qui veulent se désolidariser de l’ensemble dans lequel, cependant, ils n’ont rien à perdre.
Il est permis d’espérer désormais qu’un bémol est mis dans les relations tendues entre le Mali et ses composantes rebellées, si rien ne vient encore brouiller les pistes.
II-LE SCEPTICISME DES RESERVES AU RETOUR DE L’ARMEE A KIDAL :
Le scepticisme des plus réservés au retour de l’armée à Kidal a aussi ses raisons à cause de la remise en cause permanente des accords de paix par les gens de Kidal, à cause du manque de confiance de ceux-ci en la personne des Maliens, à cause même du racisme qu’ils nourrissent contre les gens autres que ceux de leur appartenance sociale ou spatiale, à cause de ce qui est au-delà de Kidal :
A-     La remise en cause permanente des accords de paix :
Aucun accord de paix n’a duré le temps de celui de la première République qui a vu le jour en 1963. On se souvient que cet accord avait été imposé dans le sang par les armes.
A l’époque, les Ifoghas, la famille de Intalla, s’étaient opposés à toute rébellion dont le but tendait à la partition du Mali. Donc, ils avaient choisi le camp des autorités gouvernementales pour préserver l’unicité du territoire.
Mais, malgré, une autre rébellion, dont les méfaits ont duré jusqu’en 1992, a éclaté en 1990. Celle-ci également a connu son épilogue par un accord dit de Tamarrachet.
Ce jour, tous les maliens, sauf ceux qui ont plusieurs flèches à leurs arcs, pensaient que c’était la fin définitive des rébellions. C’est ainsi que la journée de la flamme de la paix au cours de laquelle des armes ont été brûlées a été fêtée à Tombouctou. Mal en pris les Maliens crédules à la parole donnée de ceux-là qui n’ont pas de parole d’honneur, car le 17 janvier 2012 ils furent réveillés par l’horreur des crépitements des armes qui tuaient indistinctement civils et militaires.
C’est cette dernière rébellion en cours qui s’est soldée par un accord dit accord d’Alger pour la paix et la réconciliation. Cet accord, au demeurant, fait l’unanimité de ceux qui soutiennent qu’il est tiré par les cheveux, mais faute d’alternative meilleure, son application va à pas de tortue, dont le retour de l’armée reconstituée à Kidal.
B-      Le manque de confiance des rebelles en la personne des Maliens :
Il est triste de savoir que malgré tous les gages donnés à ceux-là qui ont pris les armes contre leur pays, ces derniers ont en tête que les Maliens ne sont pas dignes de confiance et sont capables de les trahir. Comme ils ont dorénavant trouvé du plaisir dans leur entêtement infondé, ils pensent qu’en rentrant au bercail ils vont perdre les privilèges qu’ils se sont donnés en combattant par les armes.
A l’heure, ils redoutent fortement des poursuites des faits graves qu’ils ont commis. C’est l’une des raisons aussi qui fait qu’ils marchent sur la pointe des pieds, qu’ils sont en perpétuelle alerte, prêts à rebondir au moindre bruissement. Or, au lieu de jouer à la victimisation, ils auraient pu éviter ces violences qui n’avaient pas lieu d’être, et personne ne se serait pris à eux. D’ailleurs, ils sont libres d’aller où ils veulent au Mali, sans crainte de représailles.
Par ailleurs, ils pensent que leur zone de prédilection regorge de ressources du sous-sol dont les bénéfices doivent leur revenir en premier, oubliant que présentement ce sont les mines d’autres régions qui les nourrissent. Et ils ignorent que sans eux le nord serait le meilleur endroit au Mali où la vie pourrait être agréable. Ils ne savent pas l’énormité des torts qu’ils y ont causés en y annihilant tout effort de développement, et cela, depuis des lustres.
C-      Le racisme des rebelles :
N’ont-ils pas dit maintes fois que le Mali est le seul Pays où les Noirs dirigent les Blancs ? S’ils sont raisonnables, ils se seraient posé la question quant à la responsabilité des Noirs de se retrouver majoritaires dans le même espace qu’eux. Beaucoup étaient partis s’installer définitivement en Lybie n’eut été la mort brutale de Kadhafi, or leurs semblables occupent des postes importants dans l’administration et institutions maliennes. Et puis, personne ne choisit à l’avance d’être noir ou blanc, s’ils sont croyants comme ils veulent le faire croire.
D-     A cause de ce qui est au-delà de Kidal :
Les sceptiques, mis à part de ce qui est avancé plus haut, mettent des réserves concernant la situation qui prévaut à Kidal depuis la libération du Nord du Pays.
En effet, du jour de la libération du Nord à maintenant, l’armée malienne n’a pas pu avoir pied ferme dans les Adrars des Ifoghas, par le fait de l’armée française et de la Minusma. Dans cette zone, sous la barbe des forces précitées, toutes sortes de hordes malveillantes centrifuges et hétéroclites fusent de partout, se livrant à cœur joie aux trafics les plus ignobles, en tuant sans pitié tout ce qui bouge autre qu’eux.
Il y en a qui croient, et ils ne sont pas moindre, que ce retour de l’armée a été accepté par les hommes à cause des dernières accusations portées contre la situation hors-la-loi de Kidal. Le Président nigérien, Ousmane Youssoufi, n’a pas manqué de dire haut que toutes les attaques dont son Pays fait l’objet se trament à partir de Kidal. Pour seule réponse, en faisant croire qu’ils sont innocents par une visite, ce sont des séries de massacres qui ont suivi.
De ce fait, la Communauté internationale avait commencé à se faire une religion autre que celle que l’on lui a fait croire jusqu’ici. Il y en a dans cette Communauté Internationale indolente qui commençaient à affirmer publiquement que les terroristes bénéficiaient de la complicité des rebelles de Kidal, alors que cela sautait aux yeux pour qui sait que ces malveillants ne s’y étaient pas transportés ex nihilo, et avaient pris soin d’épargner de leurs attaques tous ceux qui partageaient leurs visées criminelles. Et aussi, la réunion de Pau, en France, en a fait cas, et a décidé d’y trouver une solution le plus tôt.
Pour cela, ceux qui gardent leurs réserves, concluent que ce ne sont pas ces quelques hommes qui peuvent suffire à neutraliser tous les terroristes qui pullulent dans la zone de Kidal, sauf si les forces internationales, en l’occurrence Barkhane et la Minusma, acceptent de les appuyer, avec honnêteté, car selon eux, en cas de pépin, il ne faut pas compter entièrement sur la CMA dont on connaît la volatilité, ou sur la Plateforme, qui a en son sein, à part le Gatia, des gens qui sont susceptibles de trahir à tout moment, qui soufflent très souvent le chaud et le froid. Selon leurs dires, Kidal ne se limite pas seulement à la ville, en laissant libre tout l’espace qui sépare Kidal à la frontière algérienne où est présumé se mouvoir Iyad Ag Ghaly et ses sbires.
Du coup, ils ne se privent pas de croire que depuis que cette crise perdure, les forces coalisées du nord ont eu des assises un peu partout dans le grand Sahara et le Sahel, qui ne mettront pas de gant pour venir renforcer leurs alliés longtemps basés aux environnants de Kidal, comme ils l’ont fait lors de la visite dont catastrophe de Moussa Mara en 2014. Pour eux, ce n’est pas pour rien que la France, cette puissance mondiale, demande le renforcement de sa position par les autres pays occidentaux. Ils ne se trompent pas en disant que l’intervention de la France a été une chance pour nous, d’une certaine matière, car tant qu’elle continue à nous soutenir, même si c’est pour ses intérêts, nous pouvons garder espoir sur l’issue heureuse de la crise, puisque toute attaque ouverte contre elle impliquerait l’Europe. Aucun groupe criminel ne s’y aventurerait, notamment ceux-là qui ont échoué devant Israël. Notre seul souhait est de la voir, en mettant toutes autres considérations à part, se mettre entièrement du côté du pouvoir légal de Bamako pour combattre toute organisation qui ne s’inscrirait pas dans les lois nationales et internationales.
Enfin, pour terminer, nos prières vont à tous ceux qui sont morts à tort, civils et militaires, sur le sol malien, et continuent à mourir, malgré la demande de dialogue que les autorités maliennes ont adressée à Iyad et à Amadou Kouffa. L’espoir ne serait pas superfétatoire de penser que le retour ainsi enclenché de l’armée reconstituée à Kidal est un début de la fin de la crise qui fait plus de mal que de bien.

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