DANS L’AFFAIRE DES 49 MILITAIRES IVOIRIENS, L’IMPULSIVITE NE SIED PAS

 Le 09 juillet 2022, des prétendus militaires de l’armée régulière de la République de Côte d’Ivoire ont débarqué dans le territoire malien sans autorisation aucune, pratiquement en clandestins, avec des armes de guerre lourdes et de quantité importante, puisque ayant été  obligés d’affréter un avion spécial pour les transporter. Et comme des enfants pris en flagrant délit de crime, ils se confondirent en contradictions dans leurs déclarations avant que les autorités ivoiriennes s’essayissent à jetter de la poudre aux yeux en faisant croire qu’ils étaient en appui logistique de leur contingent basé à Tombouctou. Quand cette explication fut battue en brèche par la Minusma, ce fut le branle-bas en Côte d’Ivoire donnant lieu à différents montages afin de dissuader de leur statut de mercenaires, car il n’y avait pas d’autres qualificatifs pour les peindre, et même des menaces à l’endroit des autorités et au peuple maliens. C’est comme tel voleur surpris par le propriétaire du bien et en position de faiblesse qui menace ce dernier de l’avoir surpris. C’est le monde à l’envers. Et voulant trouver une disculpation par tous les moyens, des révélations étonnantes furent fournies. Ainsi, les Maliens apprirent qu’il y a déjà eu huit (08) rotations de ces soldats clandestins, dans l’ignorance totale du contexte dans lequel celles-ci ont servi.

Dès lors, toutes les supputations sont possibles, parmi lesquelles celles de savoir si, tout ce temps qu’ils violent le territoire malien, leurs actions se sont inscrites dans les intérêts du Mali qui lutte pour la paix et son intégrité.
C’est pourquoi, rares croient à leur version dévergondée de mission de protection à l’armée allemande, par l’entremise de Sahel Aviation Services. A ce niveau, la confusion règne, car il n’existe aucun contrat entre eux et les allemands, et celui qui les lie à la société aéronautique est périmé. Là, l’étonnement est à son comble quand c’est une armée comme celle de l’Allemagne qui se fait protégée par une armée ivoirienne qui était en déconfiture devant l’armée française lors de la crise qui a permis à Alhassane Dramane Ouattara d’accéder au pouvoir grâce au renversement de M’Bagbo. Encore, plus, quand c’est une armée qui se transforme en une société de gardiennage. Peut-on exclure, dans ce cas, que l’armée ivoirienne et l’armée allemande filaient du mauvais coton à l’armée malienne, et étaient à l’origine de beaucoup d’attaques attibuées aux terroristes? C’est une des justifications que l’on peut donner au communiqué insultant de l’Allemagne demandant la libération immédiate des mercenaires ivoiriens. Enfin, dans quel monde se trouve-t-on désormais lorsque, sous couverture de l’ONU, toutes les violations au droit international sont permises? Quel sens donné à des éléments nationaux de soutien, à la charge de pays contributeurs au lieu de l’ONU, censée se pourvoir en moyens plus ou moins suffisants, détenir le pouvoir de contrôle sur toutes les forces évoluant dans son sillage? Mais, malheureusement, l’immixion par ce biais des soldats ivoiriens, a révélé que les instances de l’ONU n’avaient pas de contrôle entier sur les hommes qui viennent agir sous son couvercle, voire sous sa couverture. En tout cas, pour bon nombre de gens, cette appelation d’éléments nationaux de soutien est nouvelle, et les textes les créant demeurent flous.
Ainsi, c’est la même ONU qui veut se mettre à travers les actions entreprises par les autorités maliennes pour mieux cerner les motivations réelles du comportement de ces 49 prétendus soldats ivoiriens, alors qu’aucun des pays composant le Conseil de Sécurité ne permettra de tels manquements à son intégrité territoriale. Elle est suivie, en cela, par ceux-là qui accusent le Mali de vouloir se mettre à dos tout le monde, en sachant que la réalité est tout autre. 
Aussi, à la suite de toute la mascarade en vue de justifier l’injustifiable, la voie des négociations fut empruntée. Mais celle-ci n’aboutit pas devant l’intransigeance du Président ivoirien qui sur son piédestal pense qu’il est supérieur au Mali et qui refuse tout compromis allant dans le sens d’adoucir les positions. D’ailleurs, la Justice s’était déjà saisie du dossier, ce qui ne permettait plus d’éteindre l’action publique par des négociations, une fois le droit des procédures est respecté, sauf pour raison d’Etat.
C’est  ce niveau que certains ivoiriens ont choisi pour chercher à monter les enchères au lieu de présenter un profil bas dans le tort. Ceux-ci, contrairement à ceux qui sont doués de bon sens, appellent à la violence contre les Maliens vivant en Côte d’Ivoire, même contre ceux qui y vivent depuis belle lurette. Il y en a même qui demandent de rompre le contrat de fourniture d’électricité qui lie le Mali à la Côte d’Ivoire. Quelle étroisse d’esprit? Que reproche-t-on aux Maliens qui vivent en Côte d’Ivoire dans cette affaire? C’est eux qui sont à la base de ce qui est arrivé? Ne savent-t-ils pas que le contraire donnera les mêmes effets? Les autorités ivoiriennes permettraient-t-elles que des militaires maliens se comportent ainsi sur leur territoire? Mêmes les concerts des artistes maliens ont été boycottés à tort, alors que ceux-ci sont les plus favorables à une issue négociée et apaisée. Ils doivent plutôt s’en prendre à leurs autorités qui se soucient peu de la légalité et des relations séculaires qui unissent les deux peuples. Leurs autorités qui pensent plus aux intérêts de la France que de leurs intérêts à eux Ivoiriens. C’est difficile à croire, mais cela peut être une réalité que le Dirigeant actuel de leur pays endosse le jeu de la France au profit des terroristes contre le Mali. A toutes les occasions, il n’a pas hésité à le prouver, en plus du fait qu’il craint pour son propre sort, ayant brigué un troisième mandat contestable. Il ne souhaite pas subir les mêmes sorts que Tandia au Niger et Alpha Condé en Guinée. Cependant, il a plus intérêt à aider les autorités actuelles du Mali qui ont la caution morale de tout un peuple et préserver la fraternité des deux pays, que de vouloir les briser coûte que coûte, quelle que soit la reconnaissance qu’il voue à la France. 
Nul n’ignore que depuis le 17 janvier 1992, le Mali vit sous perfusion de terroristes de tous acabits. Et aussi, avec la nouvelle donne d’une autorité qui a soucie du devenir de son pays, toute manifestation qui va à l’encontre de la volonté de tous les Maliens ne peut plus être tolérée. La raison peut le comprendre ainsi.

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